LE 13 JUIN 1944

Le Jagdgeschwader 53 "Pik As" va subir, ce 13 juin 1944 encore plusieurs pertes.

Elles sont données pour l'Ile & Vilaine et le Morbihan. Le 361 Fighter Group est en mission sur la Bretagne, il va revendiqué pour cette soirée du 13, quatre victoires sur des Me 109.

Elles sont revendiqués pour la région de Saint Brieuc. Pas Saint Brieuc dans le département des Côtes d'Armor, mais pour la région de Saint Brieuc de Mauron dans le Morbihan.

Du coté allemand il est donné pour les pertes : l'Uffz. Herbert Lies, tombé dans la région de Rennes, blessé au cours du combat. Le lieu du crash de son Bf 109 G-6, WNr. 412460 reste encore inconnu.

Le Bf 109 G-6, WNr. 440528 de l'Oblt. Wolfgang Hauffe, blessé lui aussi en combat est donné tombé au Sud de Gaël/Vannes. Idem pour le Bf 109 G-6, WNr. 412404, du Fw. Heinz Hädrich, blessé aussi au cours de l'affrontement avec les chasseurs du 361 FG. Même secteur pour la perte.

Les restes d'un Bf 109 va être identifié sur un chantier de fouille sur la commune d'Augan, par l'Association Air Mémorial de Vannes Meucon. Un deuxième Bf 109 est donné crashé à environ 200 mt du précédent, mais l'identification sera impossible, ayant explosé au sol sur des rochers.

L'identification des deux dernières pertes, lieux de chutes inconnues à ce jour. La dernière revendication du 361 FG, n'apparaît pas dans les pertes allemandes du Jagdgeschwader 53.

Selon le récit dans le livre, JAGDGESCHWADER 53 V3 ; A History of the "Pik As" Geschwader Jan 1944 - May 1945 by Jochen Prien.

Le 13 juin 1944 : Après qu'un engagement était resté à la chasse libre dans le secteur Cherbourg tôt le matin sans aucun contact avec l'ennemi. Mais l'après-midi venu, les circonstances de l'engagement sont connues, ceci à proximité de la région de Vannes, un combat aérien avec un groupe de Liberator et des Mustangs qui les accompagnaient ; au cours de ce combat, il y a eu trois blessés du III/JG 53, les pertes enregistrées étant celles de l'Olt. Hauffe qui commandait la 6 Staffel, en remplacement de l'Olt. Hammer. Il devait se faire descendre et être blessé avec son "2 jaune", à proximité de Gaël, de même que FW. Hädrich, après avoir été blessé gravement avec son appareil de visé. La 4ème Staffel a elle été aussi touché avec l'Uffz. Lies, à proximité de Rennes dans un combat aérien avec P-51, il a été touché et forcé à sauté en parachute.

Néamoins il reste une quatrième revendication américaine restée sans perte, non comptabilisée dans les pertes du JG 53, Jochen Prien ne dit rien non plus à ce sujet là.

Mais dans une courte biographie du Hauptmann Hammer, il est dit qu'à la date du 13 juin 1944, celui ci va être blessé et forcé à se parachuter dans la région de Gaël, lors d'une attaque sur des B-24 de l'USAAF et de ses P-51.

Région de Rennes

Bf 109 G-6 - (WNr. 412460)

4./.JG 53

Uffz. Lies, Herbert. (Blessé).

Sud de Gaël/Vannes

Bf 109 G-

6./JG 53 

Hptm. Hammer "Martello", Alfred.

Augan

Bf 109 G-6 - (WNr. 440528)

6./.JG 53

Oblt. Hauffe, Wolfgang. (Blessé).

Augan

Bf 109 G-6 - (WNr. 412404)

6./.JG 53

Fw. Hädrich, Heinz, (Blessé).

Heure

Pilote

Appareil ennemi

Secteur

Référence

20h50

Lt/Col. Joseph John Kruzel

Me-109G

Environs de Saint-Brieuc de Mauron

361 FTR GP – 361VCB/17-28 ; PER

20h50

1st Lt Lawrence E. Downey

Me-109G

Environs de Saint-Brieuc de Mauron

374 FTR SQ – 361VCB/17-26 ; PER

20h50

1st Lt Roy Preston Lacy Jr.

Me-109G

Environs de Saint-Brieuc de Mauron

374 FTR SQ – 361VCB/17-25 ; PER

20h50

Maj. Roy A. Webb Jr.

Me-109

Environs de Saint-Brieuc de Mauron

374 FTR SQ – 361VCB/17-27 ; PER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 361st Fighter Group/ 374th Fighter Squadron

The Yellowjackets (Les Vestes Jaunes)

Le 13 juin 1944, le Lt. Col. Roy A. Webb Jr. (commandant du 374th Fighter Squadron) et le Lt. Col. Joseph Kruzel ont tous deux soumis des rapports de combat d'intérêt historique majeur pour le 361st Fighter Group.Voici le résumé des actions consignées dans leurs rapports d'engagement (Encounter Reports) ce jour-là :R apport de combat du Lt. Col. Roy A. Webb Jr. (P-51 Mustang).

Le rapport officiel du Lt. Col. Roy Webb détaille une interception menée au-dessus de la France occupée alors que le groupe opérait depuis sa base de RAF Bottisham. Victoire aérienne : Au cours de cette mission, Roy Webb engage le combat face à des chasseurs de la Luftwaffe et parvient à abattre un appareil ennemi en combat tournoyant (combat aérien rapproché). Tactique : Le rapport fait état d'un piqué agressif à haute altitude pour surprendre une formation allemande qui tentait de harceler les troupes alliées au sol ou d'intercepter les bombardiers.

Webb a ouvert le feu à courte distance, touchant le moteur et le fuselage de sa cible, provoquant son explosion ou son crash au sol.

Rapport de combat du Lt. Col. Joseph Kruzel : Le même jour, Joseph Kruzel consigne également un rapport d'action après avoir mené ses hommes dans le même secteur. Attaque au sol et combat mixte : L'escadron de Kruzel a repéré des mouvements de convois routiers ainsi que des avions ennemis volant à basse altitude. Kruzel et ses équipiers ont combiné des passes de mitraillage au sol (strafing) et des engagements en vol. Sa contribution ce jour-là a permis de désorganiser le repli ou les renforts allemands vers la ligne de front normande.

Contexte général de la mission du groupe : Cette journée du 13 juin s'inscrit dans la phase critique de l'isolement du champ de bataille normand (une semaine après le Jour J). Le 361st FG avait pour ordre de détruire tout ce qui bougeait derrière les lignes ennemies (trains, camions, blindés) tout en maintenant la supériorité aérienne totale pour empêcher la Luftwaffe de frapper les plages de débarquement.


Il n'y a pas de rapport de mission pour le 1st Lt. Lawrence E. Downey.
L'histoire du 1st Lt. Lawrence E. Downey au sein du 361st Fighter Group s'arrête brutalement moins d'une semaine après cette date. Le 19 juin 1944, au cours d'une nouvelle mission au-dessus de la France, son P-51 Mustang s'écrase. Il est déclaré mort au combat (KIA - Killed in Action). Il repose aujourd'hui au cimetière américain de Saint-James en France.

Il n'y a pas non plus de rapport de mission pour le 1st Lt. Roy Preston Lacy Jr.

 
Le rapport officiel du Lt. Col. Roy Webb

 

Je commandais la section Yellow de l’escadrille Noggin lorsque nous avons remarqué un nombre indéterminé d’appareils ennemis larguant leurs réservoirs supplémentaires sous nous. Nous avons immédiatement piqué pour aller voir ce qu’il en était, mais en descendant nous les avons perdus de vue. Nous avons évolué aux alentours de 6 000 pieds (environ 1 800 m) pendant une quinzaine de minutes à leur recherche. Ne trouvant aucun appareil ennemi, je décidai de remonter rejoindre les bombardiers. (J’avais alors sept appareils sous mon commandement.) Alors que nous atteignions 19 000 pieds (environ 5 800 m), j’aperçus 15 Me 109 environ 3 000 pieds au-dessus de nous, derrière nous et masqués par le soleil. Je les signalai immédiatement et virai face à eux. Ils attaquèrent en piqué et, presque aussitôt, le reste du groupe nous rejoignit. Les Allemands ne parvinrent pas à atteindre les bombardiers.Un violent combat tournoyant de type Lufbery s’engagea pendant environ trois minutes. C’est alors que je remarquai un Me 109 en train d’attaquer un P-51 devant moi. Je me plaçai dans sa queue. Il me repéra et effectua un virage à droite accompagné de manœuvres d’évitement très brutales avant de plonger vers le sol. Je le touchai par trois rafales distinctes durant sa descente. Distance approximative : 300 yards (environ 275 m). Vers 8 000 pieds (2 400 m), il me sembla apercevoir le pilote en train de quitter son appareil, mais je ne peux l’affirmer avec certitude. Je poursuivis l’appareil ennemi jusqu’au sol, le vis s’écraser et pris même des photographies de l’épave. (À noter que son canon tirait continuellement depuis 8 000 pieds jusqu’à l’impact au sol.) Il n’y avait pourtant rien devant lui. À ce moment-là, je virai à droite et aperçus un autre avion fonçant vers moi. Il s’agissait en réalité d’un P-51 piloté par le lieutenant Richards. Nous restâmes à très basse altitude pendant trois ou quatre minutes environ et je vis alors un autre Me 109 descendre verticalement et s’écraser devant moi. Je virai à droite et recommençai à prendre de l’altitude. J’étais remonté vers 5 000 pieds lorsque le lieutenant Richards m’appela par radio pour me signaler qu’un Me 109 se trouvait dans sa queue. Je redescendis immédiatement au ras du sol pour le rejoindre, mais, entre-temps, Richards s’était déjà débarrassé de son poursuivant. Alors que nous remontions de nouveau, j’aperçus un parachute descendant lentement. J’eus un sérieux débat de conscience pour savoir si j’allais tirer sur le pilote alors qu’il était encore en l’air. Je décidai finalement de le laisser atteindre le sol. Lorsque ce pilote toucha terre, il courut se réfugier dans un ponceau (ouvrage de drainage sous une route). Je tirai dans cette cachette, mais les arbres masquaient ma ligne de tir et je ne sais pas si je l’ai tué ou non.

Nous reprîmes notre montée lorsqu’un autre pilote descendit à son tour en parachute juste devant nous. Je ne tirai pas sur lui. Nous remontâmes ensuite jusqu’à 16 000 pieds (environ 4 900 m) et traversâmes le secteur en direction de Saint-Malo / Mont-Saint-Michel (« St. Michael » dans le rapport). Je revendique la destruction de ce Me 109 et j’ai observé des preuves certaines de la destruction de deux autres appareils ennemis.

Munitions dépensées : 622 cartouches. P-51B-7-NA n° 43-24819 - "Sweet Thing III".

Rapport de Roy A. Webb Jr., lieutenant-colonel, Air Corps.

Rapport de combat du Lt. Col. Joseph Kruzel

 

Je volais en tant que leader de Noggin White, commandant le groupe et assurant une escorte rapprochée ainsi qu’une couverture de zone pour les B-24 dans un secteur situé à environ 80 km à l’ouest de Rennes. Avant le début du combat, ma deuxième section (les patrouilles Noggin Yellow et Noggin Blue) piqua sur une attaque surprise, mais quelques minutes plus tard perdit de vue les appareils ennemis qu’elle poursuivait. Cette section commença alors à remonter en altitude pour me rejoindre. Alors qu’elle se trouvait à environ 40 km au sud de Saint-Brieuc, cette même section était à 18 000 pieds (environ 5 500 m), toujours en montée, et rattrapait lentement la dernière formation de B-24 qui était alors en phase de bombardement. À ce moment-là, j’avais le reste du groupe en orbite juste en avant de cette dernière formation de B-24 lorsque la deuxième section signala qu’elle était attaquée par surprise, en sortie du soleil, par 15 Me 109.Je larguai immédiatement mes réservoirs supplémentaires et me dirigeai vers l’ennemi. Arrivé dans la zone, j’observai les patrouilles Noggin Yellow et Noggin Blue engagées contre plusieurs Me 109 vers 12 000 pieds (environ 3 700 m). J’aperçus également plus de six appareils ennemis tournoyant vers 20 000 pieds (environ 6 100 m). Quelques-uns de ces appareils de couverture supérieure piquèrent vers le combat, mais deux formations, l’une de trois appareils et l’autre de deux, continuèrent à tourner à 20 000 pieds.

Au lieu de suivre ceux qui descendaient, j’utilisai toute la puissance disponible et, avec mon ailier, montai vers les deux Me 109 qui évoluaient dans un virage à gauche. Nous nous rapprochions lentement de ces deux appareils tandis que les trois autres Me 109, situés 2 000 pieds au-dessus de nous, accentuaient leur virage et entamaient une attaque contre nous. Ces trois appareils qui descendaient sur nous commençaient à être dangereusement proches. À une distance encore assez importante, j’évaluai une avance d’environ un anneau et demi de viseur et tirai sur le second des deux appareils ennemis que je poursuivais une rafale de trois secondes à environ 500 yards (près de 450 m). J’observai immédiatement des impacts sur l’aile droite et le cockpit de l’appareil ennemi. Je le vis pour la dernière fois engagé dans un piqué assez prononcé, laissant derrière lui une épaisse traînée de fumée grisâtre. Pendant que je tirais sur cet appareil, le lieutenant Downey, mon ailier, se retourna contre les trois autres qui avaient commencé leur attaque contre nous. Ceux-ci rompirent à leur tour le combat face à lui et entreprirent une plongée pour s’éloigner de la zone de combat.

Après mon passage d’attaque, je virai brutalement pour tenter de retrouver et de couvrir le lieutenant Downey alors qu’il poursuivait le dernier des trois appareils ennemis. Toutefois, au milieu du très grand nombre de P-51 qui apparurent alors dans le secteur, je perdis de vue à la fois le lieutenant Downey et l’appareil ennemi que j’avais touché. Quelques minutes plus tard, je rassemblai le groupe au-dessus de la même zone à 15 000 pieds (environ 4 600 m) et mis le cap sur le retour.À noter que le lieutenant Downey abattit effectivement l’Allemand qu’il poursuivait.

Munitions dépensées : 223 cartouches. Appareil : P-51B-7R, n° 42-106763 - "Scarlet Kate".

Rapport signé : lieutenant-colonel Joseph J. Kruzel, Air Corps.