Coesmes "Les Places" B-26-B45 - "Miss Take" - #42-95821 Codé O8-O 391st BG/575th BS |
Recherches documentation Barthélémy Barré - ABSA 39-45 - Juillet 2017
Carpenter, Earl S. 2/Lt. O689206 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Copilote - n°2 sur l'aile de Stalnaker. Stalnaker touché par la FLAK. Fumée du moteur droit environ 30 secondes avant le largage des bombes. Il a cassé le moteur gauche, mis en drapeau le moteur droit et a perdu de l'altitude. Le capitaine Mitchell a appelé Stalnaker pour lui dire qu'il prendrait la tête. Environ 5 minutes plus tard, il a appelé Stalnaker pour lui dire qu'il essayait de lui trouver une escorte de chasseurs.
Arena, Albert 1/Lt. O745795 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Bombardier - Dans un avion Metelsky. Stalnaker était à gauche. FLAK lourde et précise dans la zone cible. Vu 5 hommes chutés. L'avion s'est déporté vers la droite, a décroché et s'est écrasé.
Comer,, Jack S. S/Sgt. 10601613 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Bombardier - no.4. Stalnaker a continué à bombarder après avoir été touché, mais perdait de l'altitude. NB Le rôle est supposé être Togglier.
Forster, William J. T/Sgt. 33370371 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Mitrailleur de taille Dans un avion B-26 Metelsky. Stalnaker en tête du Box 1. Nous étions dans le dernier vol du Box 2. 5 chutes.
REMARQUES : Cible : Pont RR de Nantes, France. Stalnaker menait le premier box. Pendant le bombardement, la formation a rencontré de la FLAK lourde et précise. Stalnaker a été touché dans les deux moteurs et son moteur droit a commencé à fumer. Il a continué à bombarder même s'il perdait de l'altitude. Après que la formation ait largué ses bombes, il s'est déporté à gauche et a mis son moteur droit en drapeau. Mitchell volant en position n°2 a pris la tête et a appelé Stalnaker (qui semblait calme) pour lui dire qu'il essayait de lui faire escorter un chasseur. Des témoins dans le deuxième boc ont vu l'avion de Stalnaker voler à côté pendant un moment jusqu'à ce qu'il décroche et s'écrase à 5 milles au nord-ouest de Chateaubriant. Tout léquipage a sauté et a survécu. Le rapport semble montrer que seul Alexandre a été capturé et que les autres ont repris leurs fonctions.
Le 25/02/2025
Le samedi 8 juillet 1944 en début daprès-midi, cest le lieutenant-colonel Georges W. STALNAKER qui est chargé de conduire une formation de 36 bombardiers B-26 Marauder pour bombarder le pont de chemin de fer dit de Pornic enjambant la Loire. Plan du vol de ce bombardier à son arrivée sur Coësmes et le début des parachutages .la Poltière, le Matz Jusquau village des Places.voir plan en annexe.
1) Après le débarquement en Normandie du 6 Juin 1944, le samedi 8 juillet 1944 est la fin du parcours pour le B-26 entre Pornic, le lieu de bombardement, en Loire Inférieure et Coësmes au lieu-dit les Places, site de lexplosion du bombardier. Le B-26 Maraudeur Miss Take est constitué de 8 membres déquipage,voir ci-dessous :
- Le Sergent technicien Stanley W. MILLER, mécanicien mitrailleur, le premier à sauter en parachute sur les ordres de Stalnaker au dessus du village de la Chevronnière, il est caché à la Poltière.
- Le second à sauter est le Capitaine Edgar G.Georges WILLIAM Navigateur il saute au dessus de La Noë.
- Le 3ème à sauter est le Lieutenant Francis Murphy, bombardier, il saute à la Poltière, bombardier, il est caché à la Poltière.
- Le 4ème à sauter est le Lieutenant Jim B. CLARK, navigateur, blessé aux jambes, découvert par Joseph BODARD, il était caché dans un buisson, il saute au-dessus du village du Matz, il est caché à la Poltière.
- Le 5ème à sauter est le T. Sergent Richard B. SMITH, Radio Mitrailleur ,Il saute au-dessus des villages de la Coëfferie et de Loisil.
- Le 6ème à sauter est le Lloyd V.ALEXANDER, mitrailleur de queue (celui qui ne voulait pas sauter). Il saute au-dessus du point du jour en limite de Coësmes et de Retiers.
- Le 7ème à sauter est le Lieutenant R. SQUIER, co-pilote, qui sera récupéré 2 ou 3 jours plus tard par Joseph BODARD, il saute au-dessus de des Epinettes, près de la ligne de chemins de fer en limite de Coësmes et de Retiers. Lieu de cache à Martigné Fd et à la Poltière dans un grenier à foin.
- Le 8ème à sauter est le lieutenant-Colonel W.STALNAKER, pilote, Il saute au-dessus de la Forge Cochère, en limite de Coësmes et de Retiers.
Il sera recueilli par Francis Soulas et caché chez ses parents à la Pommeraie à Coësmes. Gestion des 7 membres de léquipage nommés*** par les résistants locaux, ce secteur comme toute la France est occupé par larmée allemande et particulièrement surveillé, annexe de Daniel Jolys.
Implications de Joseph BODART, Francis SOULAS .et inquiétudes dans les villages. Transfert des membres déquipage sur une planque à Poligné en Ille et Vilaine.
2) Témoignage dAristide PERROIS :
Par une belle journée du 8 juillet 1944 avec mes frères Pierre et Roger nous gardions les vaches dans une prairie à côté de celle de la famille COLIN. Dans cette parcelle il y avait un hangar dans lequel il était stocké du foin au 1er étage et divers matériels agricoles au rez-de-chaussée. Dans ce hangar il nous arrivait de jouer avec Marie-Joseph et Marcelle COLIN nos voisines. On sy retrouvait assez souvent.
Ce jour-là, il y eu un désaccord sur le choix du jeu, les uns voulaient jouer à cache-cache les autres à colin-maillard. Donc nous nous sommes séparés et chacun a retrouvé son troupeau. Peu de temps après, nous avons vu des escadrilles davion dans le ciel. Cétait fréquent depuis quelques semaines, de nombreux bombardements de voies ferrées, de ponts, de gares de triage avaient lieu. Cest à ce moment-là que nous avons vu un avion qui laissait derrière lui un nuage de fumée. Il séloignait des autres et se dirigeait vers nous.IL est tombé près du hangar qui a brulé complètement là ou nous étions moins dune heure avant.
Tous les voisins sont accourus pour porter secours ou tenter déteindre le feu. Les allemands sont arrivés en moto, side-cars, camions à la recherche des pilotes. Avec mes deux frères nous étions cachés dans un buisson dérable ou nous avions lhabitude de jouer. Lun de nous a dû bouger une branche ce qui a intrigué un soldat allemand. Avec un fusil, il a écarté les branches et nous a vu. Il a crié « Raus »et nous avons détalé vers la maison. La famille Perrois habitait à LAugodière village à proximité du village des Places ou habitait la famille Colin ou est tombé le B-26.
Un des membres déquipage( Richard B SMITH) est tombé à la Coëfferie.La fermière Mme AUBIN lui a apporté une échelle pour quil descende. A ma connaissance plusieurs membres déquipage ont été cachés dans une ferme à la Poltière.
3) Témoignage de Marie-Joseph VEILLAUX née COLIN.
Marie-Joseph COLIN est née en 1936, elle avait 8 ans le 8 juillet 1944, elle vit chez ses parents au village des places à Coësmes avec ses frères et surs. Elle était présente lorsque lavion sest écrasé à proximité de la maison ou elle vivait avec sa famille. En 2024, elle raconte avec émotion en audio cet épisode lors de lexposition à la salle des loisirs de Coësmes :
- Cétait le 8 juillet 1944, soit un peu plus dun mois après le débarquement, mes parents avaient planté des choux, puis ils recevaient quelquun qui venait annoncer une naissance, nous les enfants COLIN on jouait avec les enfants PERROIS nos voisins.
- Nous étions sur une butte, puis nous avons été alertés par un très gros bruit davions américains, (environ une trentaine) qui se dirigeaient vers Retiers, puis suivait derrière un seul avion plus bas qui virait sur la droite qui était en feu et ce fut une boule de feu toute rouge qui sécrasa près de la grange, ou on stockait le foin, qui pris feu.
- Un autre avion accompagnait le B-26 qui sest écrasé.
- Nous avions très très peur, nous sommes allés nous cacher derrière le puits ; notre père nous cherchait.
- Plein de personnes sont arrivés ainsi quune moto allemande accompagnée de camions avec des soldats allemands.
- Il ny avait plus personne dans lavion, les membres déquipage avaient sauté avant.
- Lors de lexplosion, un jeune poulain a eu les pattes coupées; les soldats lont abattu, nous avons beaucoup pleuré.
- De nombreuses personnes présentes récupéraient des pièces de lavion, les allemands ont fait évacuer ces personnes.
- Le soir, on était couché, les soldats allemands sont rentrés dans la chambre ils ont soulevé les draps pour voir si personne ne sy cachait.
- Des peupliers avaient été fauchés lors de lexplosion de lavion.
Autres points :
Des allemands creusaient une tranchée pour faire sauter Martigné Ferchaud.
Quand jallais à lécole je voyais souvent des allemands dans le bourg.
Cétait lépoque ou il y avait des réquisitions.
Lors de la capitulation des allemands nous avons sonné les cloches à léglise et allumé un grand feu sur la place de léglise.
Il y avait des résistants notamment à Martigné Ferchaud, beaucoup ont été arrêtés et ne sont pas revenus.
Il y avait aussi des collabos à la solde des allemands.
Beaucoup de poules de la famille COLIN sont mortes longtemps après car elles picoraient des limailles brillantes provenant de lexplosion.
Issu de témoignages :
Cest ici à environ 50 m au nord derrière les bâtiments que furent cachés les 7 membres déquipage dans un grenier à létage ou les paysans stockaient le foin pour les besoins de leurs animaux pendant lhiver.
Ce lieu de cache fut choisi par Joseph BODARD résistant qui résidait occasionnellement au village de la Poltière chez ses beaux-parents (la famille DESRIVIERES), son lieu dhabitation était Rennes ou il exerçait la profession de couvreur ; il possédait une moto.
Cest Joseph BODARD qui se chargea des transferts de certains membres déquipages dans une cage à lapins installée derrière un vélo, en effet il fallait redoubler de prudence il y avait beaucoup dallemands notamment à Coëmes qui étaient à la recherche des membres déquipage ; seul un fut arrêté.
Lautre résistant de la commune était Francis SOULAS qui se chargea de cacher le lieutenant-colonel Georges W. STALNAKER au village de la Pommeraie. La tension était vive dans la campagne coësmoise, notamment à la Poltière, avec les collabos locaux . Les risques encourus étaient la prison en Allemagne pour aide aux terroristes. Les rondes et patrouilles allemandes étaient fréquentes, un membre déquipage fut arrêté par les allemands. Cest pour cette raison que les membres déquipages furent rapidement transférés à Poligné. Ce qui fut fait au départ de la forêt du Theil dans une seule et même voiture.