Le 8 juillet 1944

Coesmes

"Les Places"

B-26-B45 - "Miss Take" - #42-95821

Codé O8-O

391st BG/575th BS

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Recherches documentation Barthélémy Barré - ABSA 39-45 - Juillet 2017 

(Pilot) Lt. Col. George Winfield Stalnaker. (RTD).

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(Co-pilot) 2nd Lt. Eugene Raymond Squier. (RTD).

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(Nav) Capt. Edgar Grant Williams. (RTD).

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(Nav) 1st Lt. Jim Bill Clark. (RTD).

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(Bdr) 1st Lt. Francis James Murphy. (RTD).

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(RO) T/Sgt. Richard Bertram Smith. (RTD).

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(TTG) S/Sgt. Stanley Wenzel Miller. (RTD).

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(TG) S/Sgt. Lloyd Vincent Alexander. (POW).

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Mitchell, Kenneth W. Capitaine O731630 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Pilote - n°2. Stalnaker touché par la FLAK lors d'un bombardement. Fumée noire du moteur droit. Le radiateur d'huile est tombé en panne ? J'ai pris la direction. J'ai parlé à Stalnaker qui semblait calme.

Carpenter, Earl S. 2/Lt. O689206 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Copilote - n°2 sur l'aile de Stalnaker. Stalnaker touché par la FLAK. Fumée du moteur droit environ 30 secondes avant le largage des bombes. Il a cassé le moteur gauche, mis en drapeau le moteur droit et a perdu de l'altitude. Le capitaine Mitchell a appelé Stalnaker pour lui dire qu'il prendrait la tête. Environ 5 minutes plus tard, il a appelé Stalnaker pour lui dire qu'il essayait de lui trouver une escorte de chasseurs.

Arena, Albert 1/Lt. O745795 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Bombardier - Dans un avion Metelsky. Stalnaker était à gauche. FLAK lourde et précise dans la zone cible. Vu 5 hommes chutés. L'avion s'est déporté vers la droite, a décroché et s'est écrasé.

Comer,, Jack S. S/Sgt. 10601613 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Bombardier - no.4. Stalnaker a continué à bombarder après avoir été touché, mais perdait de l'altitude. NB Le rôle est supposé être Togglier.

Forster, William J. T/Sgt. 33370371 : DÉTAILS ET DÉCLARATION DU TÉMOIN : Mitrailleur de taille – Dans un avion B-26 Metelsky. Stalnaker en tête du Box 1. Nous étions dans le dernier vol du Box 2. 5 chutes.

REMARQUES : Cible : Pont RR de Nantes, France. Stalnaker menait le premier box. Pendant le bombardement, la formation a rencontré de la FLAK lourde et précise. Stalnaker a été touché dans les deux moteurs et son moteur droit a commencé à fumer. Il a continué à bombarder même s'il perdait de l'altitude. Après que la formation ait largué ses bombes, il s'est déporté à gauche et a mis son moteur droit en drapeau. Mitchell volant en position n°2 a pris la tête et a appelé Stalnaker (qui semblait calme) pour lui dire qu'il essayait de lui faire escorter un chasseur. Des témoins dans le deuxième boc ont vu l'avion de Stalnaker voler à côté pendant un moment jusqu'à ce qu'il décroche et s'écrase à 5 milles au nord-ouest de Chateaubriant. Tout l’équipage a sauté et a survécu. Le rapport semble montrer que seul Alexandre a été capturé et que les autres ont repris leurs fonctions.


Viséo avec Jean-Pierre Lebée, Benoit Paquet et Pierre Lauglé

Le 25/02/2025

 

Le samedi 8 juillet 1944 en début d’après-midi, c’est le lieutenant-colonel Georges W. STALNAKER qui est chargé de conduire une formation de 36 bombardiers B-26 Marauder pour bombarder le pont de chemin de fer dit de Pornic enjambant la Loire. Plan du vol de ce bombardier à son arrivée sur Coësmes et le début des parachutages .la Poltière, le Matz…Jusqu’au village des Places.voir plan en annexe.

1) Après le débarquement en Normandie du 6 Juin 1944, le samedi 8 juillet 1944 est la fin du parcours pour le B-26 entre Pornic, le lieu de bombardement, en Loire Inférieure et Coësmes au lieu-dit les Places, site de l’explosion du bombardier. Le B-26 Maraudeur Miss Take est constitué de 8 membres d’équipage,voir ci-dessous :

- Le Sergent technicien Stanley W. MILLER, mécanicien mitrailleur, le premier à sauter en parachute sur les ordres de Stalnaker au dessus du village de la Chevronnière, il est caché à la Poltière.

- Le second à sauter est le Capitaine Edgar G.Georges WILLIAM Navigateur il saute au dessus de La Noë.

- Le 3ème à sauter est le Lieutenant Francis Murphy, bombardier, il saute à la Poltière, bombardier, il est caché à la Poltière.

- Le 4ème à sauter est le Lieutenant Jim B. CLARK, navigateur, blessé aux jambes, découvert par Joseph BODARD, il était caché dans un buisson, il saute au-dessus du village du Matz, il est caché à la Poltière.

- Le 5ème à sauter est le T. Sergent Richard B. SMITH, Radio Mitrailleur ,Il saute au-dessus des villages de la Coëfferie et de Loisil.

- Le 6ème à sauter est le Lloyd V.ALEXANDER, mitrailleur de queue (celui qui ne voulait pas sauter). Il saute au-dessus du point du jour en limite de Coësmes et de Retiers.

- Le 7ème à sauter est le Lieutenant R. SQUIER, co-pilote, qui sera récupéré 2 ou 3 jours plus tard par Joseph BODARD, il saute au-dessus de des Epinettes, près de la ligne de chemins de fer en limite de Coësmes et de Retiers. Lieu de cache à Martigné Fd et à la Poltière dans un grenier à foin.

- Le 8ème à sauter est le lieutenant-Colonel W.STALNAKER, pilote, Il saute au-dessus de la Forge Cochère, en limite de Coësmes et de Retiers.

Il sera recueilli par Francis Soulas et caché chez ses parents à la Pommeraie à Coësmes. Gestion des 7 membres de l’équipage nommés*** par les résistants locaux, ce secteur comme toute la France est occupé par l’armée allemande et particulièrement surveillé, annexe de Daniel Jolys.

Implications de Joseph BODART, Francis SOULAS….et inquiétudes dans les villages. Transfert des membres d’équipage sur une planque à Poligné en Ille et Vilaine.

2) Témoignage d’Aristide PERROIS :

Par une belle journée du 8 juillet 1944 avec mes frères Pierre et Roger nous gardions les vaches dans une prairie à côté de celle de la famille COLIN. Dans cette parcelle il y avait un hangar dans lequel il était stocké du foin au 1er étage et divers matériels agricoles au rez-de-chaussée. Dans ce hangar il nous arrivait de jouer avec Marie-Joseph et Marcelle COLIN nos voisines. On s’y retrouvait assez souvent.

Ce jour-là, il y eu un désaccord sur le choix du jeu, les uns voulaient jouer à cache-cache les autres à colin-maillard. Donc nous nous sommes séparés et chacun a retrouvé son troupeau. Peu de temps après, nous avons vu des escadrilles d’avion dans le ciel. C’était fréquent depuis quelques semaines, de nombreux bombardements de voies ferrées, de ponts, de gares de triage avaient lieu. C’est à ce moment-là que nous avons vu un avion qui laissait derrière lui un nuage de fumée. Il s’éloignait des autres et se dirigeait vers nous.IL est tombé près du hangar qui a brulé complètement là ou nous étions moins d’une heure avant.

Tous les voisins sont accourus pour porter secours ou tenter d’éteindre le feu. Les allemands sont arrivés en moto, side-cars, camions à la recherche des pilotes. Avec mes deux frères nous étions cachés dans un buisson d’érable ou nous avions l’habitude de jouer. L’un de nous a dû bouger une branche ce qui a intrigué un soldat allemand. Avec un fusil, il a écarté les branches et nous a vu. Il a crié « Raus »et nous avons détalé vers la maison. La famille Perrois habitait à L’Augodière village à proximité du village des Places ou habitait la famille Colin ou est tombé le B-26.

Un des membres d’équipage( Richard B SMITH) est tombé à la Coëfferie.La fermière Mme AUBIN lui a apporté une échelle pour qu’il descende. A ma connaissance plusieurs membres d’équipage ont été cachés dans une ferme à la Poltière.

Aristide PERROIS, par mail, il avait 8 -10ans.

 

3) Témoignage de Marie-Joseph VEILLAUX née COLIN.

 

Marie-Joseph COLIN est née en 1936, elle avait 8 ans le 8 juillet 1944, elle vit chez ses parents au village des places à Coësmes avec ses frères et sœurs. Elle était présente lorsque l’avion s’est écrasé à proximité de la maison ou elle vivait avec sa famille. En 2024, elle raconte avec émotion en audio cet épisode lors de l’exposition à la salle des loisirs de Coësmes :

- C’était le 8 juillet 1944, soit un peu plus d’un mois après le débarquement, mes parents avaient planté des choux, puis ils recevaient quelqu’un qui venait annoncer une naissance, nous les enfants COLIN on jouait avec les enfants PERROIS nos voisins.

- Nous étions sur une butte, puis nous avons été alertés par un très gros bruit d’avions américains, (environ une trentaine) qui se dirigeaient vers Retiers, puis suivait derrière un seul avion plus bas qui virait sur la droite qui était en feu et ce fut une boule de feu toute rouge qui s’écrasa près de la grange, ou on stockait le foin, qui pris feu.

- Un autre avion accompagnait le B-26 qui s’est écrasé.

- Nous avions très très peur, nous sommes allés nous cacher derrière le puits ; notre père nous cherchait.

- Plein de personnes sont arrivés ainsi qu’une moto allemande accompagnée de camions avec des soldats allemands.

- Il n’y avait plus personne dans l’avion, les membres d’équipage avaient sauté avant.

- Lors de l’explosion, un jeune poulain a eu les pattes coupées; les soldats l’ont abattu, nous avons beaucoup pleuré.

- De nombreuses personnes présentes récupéraient des pièces de l’avion, les allemands ont fait évacuer ces personnes.

- Le soir, on était couché, les soldats allemands sont rentrés dans la chambre ils ont soulevé les draps pour voir si personne ne s’y cachait.

- Des peupliers avaient été fauchés lors de l’explosion de l’avion.

Autres points :

Des allemands creusaient une tranchée pour faire sauter Martigné Ferchaud.

Quand j’allais à l’école je voyais souvent des allemands dans le bourg.

C’était l’époque ou il y avait des réquisitions.

Lors de la capitulation des allemands nous avons sonné les cloches à l’église et allumé un grand feu sur la place de l’église.

Il y avait des résistants notamment à Martigné Ferchaud, beaucoup ont été arrêtés et ne sont pas revenus.

Il y avait aussi des collabos à la solde des allemands.

Beaucoup de poules de la famille COLIN sont mortes longtemps après car elles picoraient des limailles brillantes provenant de l’explosion.  


Lieu où ont été cachés des membres d’équipage du B-26 qui s’est écrasé au village des Places le 8 Juillet 1944.

 

Issu de témoignages :

C’est ici à environ 50 m au nord derrière les bâtiments que furent cachés les 7 membres d’équipage dans un grenier à l’étage ou les paysans stockaient le foin pour les besoins de leurs animaux pendant l’hiver.

Ce lieu de cache fut choisi par Joseph BODARD résistant qui résidait occasionnellement au village de la Poltière chez ses beaux-parents (la famille DESRIVIERES), son lieu d’habitation était Rennes ou il exerçait la profession de couvreur ; il possédait une moto.

C’est Joseph BODARD qui se chargea des transferts de certains membres d’équipages dans une cage à lapins installée derrière un vélo, en effet il fallait redoubler de prudence il y avait beaucoup d’allemands notamment à Coëmes qui étaient à la recherche des membres d’équipage ; seul un fut arrêté.

L’autre résistant de la commune était Francis SOULAS qui se chargea de cacher le lieutenant-colonel Georges W. STALNAKER au village de la Pommeraie. La tension était vive dans la campagne coësmoise, notamment à la Poltière, avec les collabos locaux …. Les risques encourus étaient la prison en Allemagne pour aide aux terroristes. Les rondes et patrouilles allemandes étaient fréquentes, un membre d’équipage fut arrêté par les allemands. C’est pour cette raison que les membres d’équipages furent rapidement transférés à Poligné. Ce qui fut fait au départ de la forêt du Theil dans une seule et même voiture.


Série de témoignages récoltés par Pierre Lauglé avec les différents évènements aériens survenus sur la commune de Coësmes. 24/08/2025

SOURCE: MACR 06649, 42-95821. 8 Jul 1944